MORA, VILLE EN OR : UNE JOURNÉE QUI RESTERA DANS LES ANNALES DU MAYO-SAVA.

UN QUART DE SIÈCLE, ET PUIS UN DE PLUS.

Vingt-six ans. C’est l’âge d’une fidélité. Celle du Ministre Ibrahim TALBA MALLA envers cette terre du Mayo-Sava qui l’a vu naître, et qu’il n’a jamais cessé d’irriguer, année après année, d’un geste devenu institution : le Prix de l’Excellence scolaire. Ce samedi, l’homme n’est pas venu seul. À ses côtés, un poids lourd du Gouvernement a fait le déplacement : Joseph LÉ, Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative. Le chiffre donne le vertige : 1 213 kilomètres avalés depuis Yaoundé, 23 heures de route pour certains tronçons du convoi, un David contre Goliath entre la capitale et ce bout d’Extrême-Nord accroché aux contreforts du massif de Mora. On ne parcourt pas une telle distance par hasard. On la parcourt pour un symbole.

 

Et le symbole, ce jour-là, a un nom : LA JEUNESSE.

 

MORA, FILS PRODIGUE ET TERRE D’ACCUEIL.

 

Il y a des retrouvailles qui arrachent des larmes, même sous le soleil de plomb du Mayo-Sava. Lorsque le Maire de Mora, El Hadj CHETIMA HAMIDOU, prend la parole face à Joseph LÉ, c’est un pan entier de la mémoire collective qu’il ranime. Les années 80. Les émissions « Province à la Une ». Un jeune éditorialiste de la CTV qui, micro en main, avait donné à Mora une visibilité nationale inédite. « Vous êtes notre enfant », lance le Maire, sous les applaudissements nourris d’une foule qui ne s’y attendait pas. « Merci de revenir chez vous, dans votre village. » L’émotion est palpable, presque physique. Le Ministre, visiblement touché, prendra la parole à son tour pour évoquer un autre héritage : celui de TALBA MALLA OUMATE, père du Ministre Ibrahim TALBA MALLA, ancien Ministre de la Fonction Publique et artisan, en son temps, de la camerounisation des cadres de l’administration. Deux générations, deux hommages, une seule terre.

 

LE LAMIDO EN PERSONNE : LE GESTE QUI NE TROMPE PAS.

 

Dans le protocole feutré des grandes cérémonies, certains gestes valent tous les discours. Celui de Sa Majesté El Hadj ABDOULAYE YERIMA BAKARI, Lamido de Maroua, en est un. Quitter son territoire de commandement pour venir, en personne, honorer une cérémonie qui n’est pas la sienne : voilà qui ne s’improvise pas. Sous le dais royal, acclamé par une foule galvanisée, le Lamido a multiplié les échanges, les poignées de main, les entretiens à voix basse avec les hôtes de marque dont l’ancien capitaine des Lions Indomptables, Vincent ABOUBAKAR, venu lui aussi grossir les rangs d’une liste d’invités qui ferait pâlir bien des cérémonies officielles.

 

120 LAURÉATS, 6 VÉLOS, ET DES SOURIRES QUI NE TRICHENT PAS.

 

À l’esplanade de l’Hôtel de Ville, l’effervescence est à son comble. Sur les tables dressées, les kits scolaires s’alignent par dizaines, arrondissement par arrondissement: Mora, Kolofata et Tokombéré, méticuleusement disposés, prêts à changer, l’espace d’une rentrée, le quotidien de 120 élèves triés sur le volet parmi 40 établissements. Tenues, cahiers, kits technologiques : la liste est longue, mais c’est un autre objet qui vole la vedette. Un vélo. Puis un autre. Puis quatre de plus. Six bicyclettes rutilantes, promises aux meilleurs admis en 6ème et aux meilleures filles scientifiques du département : un clin d’œil appuyé à la promotion de la jeune fille, chère au septennat des Grandes Opportunités.

 

Et puis il y a ces images qu’aucun communiqué ne raconte aussi bien qu’un objectif photographique : le Ministre TALBA MALLA, penché vers une bénéficiaire de vélo, la main tendue, le sourire large ; puis vers un autre, puis un autre encore. Ce ne sont plus des dons. Ce sont des rencontres.

 

Cerise sur ce gâteau déjà bien garni : le Ministre Joseph LÉ, dans un geste inattendu, enfourche l’un des vélos remis aux lauréats et le met en selle, séance tenante, sous les rires et les acclamations. Un clin d’œil à son propre passé de vainqueur de la Course Internationale VTT Chantal Biya. La foule ne s’y trompe pas : ce jour-là, les Ministres ne sont pas seulement venus discourir. Ils sont venus vivre la fête.

 

UN FAUTEUIL, UNE ENVELOPPE, ET DES CADEAUX QUI VOYAGENT DANS LES DEUX SENS.

 

La solidarité, ce jour-là, a circulé comme une monnaie commune. Le Ministre Joseph LÉ a remis une enveloppe d’un million de francs CFA au Comité d’Organisation, avant d’offrir, plus tard, un fauteuil de bureau à la Cheffe du Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes de la Mémé — un don aussi discret qu’utile. En retour, le Ministre TALBA MALLA lui a offert un présent symbolique, scellant une complicité gouvernementale que la journée entière n’aura cessé d’illustrer. Même le Président du Conseil régional de l’Extrême-Nord, dont l’institution a désormais la charge légale des établissements secondaires, a tenu à apporter sa pierre à l’édifice par un geste de générosité qui lui est propre.

 

LE STADE S’EMBRASE.

 

Vient l’heure du sport. Au Stade municipal, la foule a pris d’assaut les tribunes bien avant le coup d’envoi. Les troupes scolaires, d’abord, embrasent l’après-midi : formations chorégraphiques au sol, pyramides humaines, ballets colorés, chaque établissement y va de sa démonstration, sous les yeux ravis d’un public déjà conquis. Puis, sur la pelouse, deux Ministres, côte à côte, donnent le coup d’envoi symbolique de la grande finale. Coton Sport de Kourgui contre Château FC de Mora : l’affiche est électrique. 0-0 à la pause, 1-0 pour Kourgui à la reprise, égalisation héroïque du Château dans les dernières secondes, puis l’inévitable, une séance de tirs au but à vous couper le souffle. Verdict : Château FC, sacré champion, sous une déferlante de joie qui envahit la pelouse.

 

UNE JOURNÉE, UN MESSAGE.

 

Vingt-six ans après sa création, le Prix d’Excellence Ibrahim TALBA MALLA n’a rien perdu de sa force symbolique. Bien au contraire. En rassemblant, en une seule journée, deux Membres du Gouvernement, un Lamido, un Président de Conseil régional, une légende du football national et des milliers d’habitants venus de tout le Mayo-Sava, Mora aura démontré, une fois de plus, qu’une ville, aussi excentrée soit-elle sur la carte, peut devenir, l’espace d’un samedi, le centre de gravité de toute une région.

 

Le soleil décline sur le Stade municipal. Les tribunes se vident lentement, les enfants serrent leurs kits contre leur poitrine, les vélos filent déjà dans les ruelles poussiéreuses. Mora, elle, restera là où elle a toujours été. Mais quelque chose, ce 22 août 2026, aura changé : 120 élèves de plus qui savent, désormais, que l’excellence a un visage, et qu’il n’est pas si loin de chez eux.

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