Yaoundé / Douala - Scroll TikTok, Instagram, Facebook. Entre deux danses et deux lives, des profils affichent des "DM pour collab", "Inbox privé", "Snap premium".

by La rédaction
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Derrière les filtres et les millions de vues se cache une réalité de plus en plus visible au Cameroun : la prostitution a migré sur les réseaux sociaux.

 

De la rue aux DM

Avant, c’était les carrefours, les hôtels, les boîtes de nuit. Aujourd’hui, le business se négocie en story, en commentaire et en note vocale WhatsApp.

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Jeunes filles, étudiants, mères célibataires, influenceurs en manque de visibilité : le téléphone est devenu la nouvelle vitrine. 5000 FCFA la photo privée, 20 000 FCFA le « rdv privé », abonnement mensuel au compte « exclusif »… Les tarifs s’affichent à peine voilés.

 

« On ne dit plus prostituée. On dit créatrice de contenu, mannequin, sugar baby », confie une jeune fille de 22 ans à Douala. « Les clients viennent d’Europe, du Gabon, de partout. Pas besoin de sortir. »

 

Pourquoi ça explose ?

3 facteurs clés :

 

1. La précarité : Chômage des jeunes, galère, besoin d’argent rapide. Le téléphone promet des revenus sans patron.

2. La quête de buzz : Likes = valeur sociale. Plus tu montres, plus tu gagnes. La limite entre influence et exposition devient floue.

3. L’anonymat : Pas de risque de se faire interpeller dans la rue. Blocage, faux profil, paiement par Mobile Money. Tout est discret.

 

Le revers de la médaille

Chantage, arnaques, revenge porn, dépression. Beaucoup de jeunes se retrouvent piégés après avoir envoyé une photo pour 10 000 FCFA. Les familles découvrent les comptes par hasard. Et la loi camerounaise n’a pas changé : l’outrage aux bonnes mœurs et la prostitution restent punis.

 

Les associations tirent la sonnette d’alarme : On éduque nos enfants à chercher des abonnés au lieu de chercher un métier. C’est dangereux, alerte une ONG de Yaoundé.

 

Et après ?

Les réseaux ne créent pas le problème, ils l’amplifient. Tant que la précarité et la course aux apparences existeront, les DM resteront un marché.

 

La question n’est plus de savoir si ça existe. La question est : comment on protège la jeunesse sans tomber dans la mor

ale ou le jugement ?

 

 

 

 

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