Enseignant de droit des affaires, conseiller municipal à Douala V, il se lance en politique en créant en mars 2010 son parti, les *Patriotes Démocrates pour le Développement du Cameroun (PADDEC)*. Candidat à la présidentielle de 2011, il se positionne alors comme un opposant farouche au régime.
Le tournant de 2018 : Le ralliement au Président Paul Biya
Le grand virage a lieu en 2018. À la veille de la présidentielle, Jean de Dieu Momo, avec le G20, un collectif de 20 partis, apporte son soutien au candidat Paul Biya. Ce ralliement lui vaut le surnom de « transfuge » par ses anciens alliés de l’opposition, mais lui ouvre les portes du Gouvernement.
En janvier 2019, il est nommé *Ministre Délégué auprès du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux*, poste qu’il occupe jusqu’à ce jour aux côtés du Ministre d’État Laurent Esso. Un poste stratégique où il est notamment chargé de défendre les projets de loi et les réformes judiciaires devant le Parlement.
Le Ministre au front
Depuis son arrivée, Jean de Dieu Momo est devenu l’un des défenseurs les plus virulents de l’action gouvernementale.
En avril 2026, il a été en première ligne pour défendre la réforme constitutionnelle portant création d’un poste de Vice-Président nommé, attaquée par le MRC de Maurice Kamto comme un « coup d’État constitutionnel ». Pour Momo, il s’agit au contraire d’un « mécanisme de suppléance prévu par la Constitution » pour assurer la continuité de l’État.
En 2026, il a défendu devant la Commission des Finances un budget de 77,1 milliards FCFA pour la Justice, destiné à faire fonctionner les 10 Cours d’Appel, 57 Tribunaux de Grande Instance, 76 prisons et l’ensemble du système judiciaire.
*Les polémiques qui collent à l’homme*
Mais l’homme est aussi au cœur de polémiques judiciaires. Condamné en novembre 2022 puis en appel en janvier 2024 par la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Paris pour injures à l’encontre de Me Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau de Paris, à la suite d’échanges dans un groupe WhatsApp en 2020.
Le 21 octobre 2026, l’affaire a rebondi : l’avocate a annoncé son intention de faire saisir les avoirs de l’État du Cameroun en France pour recouvrer une créance de 7 500 euros impayée, selon elle, depuis deux ans. Une affaire que le Ministre n’a pas encore commentée publiquement.
Pour ses détracteurs, comme l’analyste Pierre Blériot Nyemeck qui déclarait le 18 octobre 2026 : « On nomme Jean de Dieu Momo pour combattre Kamto », sa présence au gouvernement relève d’une stratégie politique. Pour ses partisans, il est la preuve que le dialogue et le ralliement sont possibles.
Entre son passé d’avocat des droits de l’Homme et son présent de Ministre défenseur du régime, Jean de Dieu Momo incarne à lui seul toute la complexité et les contradictions de la politique camerounaise.
