La lettre est adressée au directoire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun : « Je vous informe par la présente que dans l’intérêt supérieur de notre parti, de ses nombreux militants et sympathisants, et du Peuple du Changement en général, j’ai décidé de démissionner des fonctions de Président National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Cette décision prend effet à compter de ce jour. »
UNE DOUBLE DÉMISSION AU SOMMET
En l’espace de quelques heures, le MRC a perdu ses deux plus hauts responsables. Son premier vice-président, Mamadou Mota, présente aussi sa démission avec effet immédiat. Une décision « mûrement réfléchie et dictée exclusivement par l’intérêt supérieur de notre parti face à l’acharnement et à l’oppression qu’exerce le régime à mon endroit », déclare-t-il.
POURQUOI CETTE DÉMISSION? LE BRAS DE FER AVEC LE MINAT
Si elle est confirmée, cette démission intervient paradoxalement à un moment où toutes les fédérations réaffirmaient leur fidélité à l’issue de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025 qui l’avait ramené à la tête du parti.
Depuis le 19 août 2026, le ministre de l’Administration Territoriale Paul Atanga Nji avait adressé une lettre annonçant son refus de prendre acte du procès-verbal de la convention extraordinaire du parti tenue par visioconférence le 21 décembre 2025.
Pour justifier cette décision, le ministre invoquait la loi n°90/055 et rappelait que cette convention avait été interdite au préalable par le Sous-préfet de Yaoundé 4. Conséquence : le MINAT déclarait ne pas reconnaître toutes les instances issues de cette convention.
Le ministère affirmait ainsi détenir des documents attestant de la démission de Pr Maurice Kamto et menaçait de priver le MRC de toute participation aux élections municipales et législatives de 2027.
UNE HISTOIRE MOUVEMENTÉE
Cette démission survient quelques mois seulement après son retour à la tête du MRC, un comeback stratégique intervenu après sa candidature avortée à l’élection présidentielle d’octobre 2025 sous la bannière du MANIDEM.
Le Pr Maurice Kamto, qui avait quitté la tête du MRC en 2025 et présenté en vain sa candidature pour le scrutin du 12 octobre dernier sous l’étiquette du MANIDEM, avait ensuite été réélu à la tête du MRC en décembre à l’issue d’une convention contestée.
Dans sa lettre, le Pr Kamto invoque « l’intérêt supérieur du parti » sans autre détail sur ses motivations ni sur la suite de son engagement politique.
Affaire à suivre…
Par Herve Yemdji